Notre pratique régulière du yoga est riche en bien-être et en expériences agréables de soi. L’ouverture et l’élargissement de notre champ de perception des sons est l’une d’entre elles. Que se passe t’il dans notre cerveau à cet instant ? Qu’elle est l’importance et quels sont les enjeux de ce processus ?

Lorsque nous sommes stressés et fatigués, notre cerveau doit économiser ses ressources et privilégie la prédiction et l’apparence à la réalité. Ce « réflex cérébral » s’explique dans le contexte du codage prédictif, une théorie générale du traitement sensoriel qui décrit la perception comme un processus de test d’hypothèse. Il suppose que le cerveau génère des prédictions sur l’apparence, le son, la sensation et l’odeur du monde physique dans l’instant suivant, et que les neurones chargés de traiter nos sens économisent des ressources en ne représentant que les différences entre ces prédictions et le monde physique réel.

Notre passé, notre mémoire, nos croyances subjectives et nos traumatismes influent sur ce que nous percevons de notre environnement corporel et extra-corporel. Notre cerveau balaye constamment le monde sensoriel en testant ses croyances par rapport aux informations sensorielles réelles parce qu’il est trop souvent fragilisé par les conséquences énergétiques de nos actions et notre incapacité à gérer notre énergie vitale.

Ce qui est dramatique c’est que nous passons la quasi totalité de notre vie à réagir de façons excessives et à mal dormir à cause de ces mêmes réactions. A cause d’un déficit (tamasique) ou d’un excès (rajasique) chronique de vitalité, nous ne percevons et n’intégrons que des informations sensorielles jamais conforme à la réalité du monde. Nous ne sommes jamais paisibles et nous ne permettons jamais à notre cerveau de se reconstruire et de se renforcer dans la concordance avec la réalité et la tranquillité intérieure. Nous gaspillons notre existence et nous en souffrons tous.

Cet état de discordance a envahi tout notre cerveau, y compris les parties les plus primitives de celui-ci. Notre façon de respirer est elle aussi discordante et esclave de nos croyances. C’est la raison pour laquelle nous nous exerçons inlassablement pendant les cours à respirer correctement pour restaurer notre équilibre et mieux gérer nos ressources vitales.

Mais il y a pire encore: Ce processus de test d’hypothèse et de déni implicite de réalité est un véritable fléau, bien plus terrible que la pandémie que nous vivons actuellement. Un mal sournois qui nous a conduit aux plus grands déséquilibres dans les écosystèmes à l’échelle planétaire: climat, biodiversité, déséquilibre des cycles biogéochimiques, acidification des océans… Mais c’est un mal qui peut être enrayé en s’exerçant tout simplement à la concordance entre soi et la réalité sensorielle de nos environnements corporel et naturel.

La première étape de ce rééquilibrage serait en effet de réapprendre à mieux gérer nos capacités vitales pour ne plus nous échouer lamentablement dans les limbes de notre passé et dans celles de notre seule réalité. La pratique du yoga est un atout précieux pour y parvenir. C’est en effet un véritable processus neurologique de clarification de la mémoire, d’économie vitale et d’inhibition de cette capacité prédictive et hypothétique de traitement des sensations. Le yoga est un retour à Soi, à la réalité, à la longévité et à la liberté qui devrait être dés aujourd’hui partagé et généralisé pour sauver notre vie et notre planète.