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L’interstitium tissulaire

Imaginez un très fin matelas de tissu conjonctif dense, gorgé de liquide enveloppant, nourrissant, protégeant et drainant les déchets de vos organes. C’est l’interstitium, tel qu’il est décrit par les chercheurs . C’est un composé de faisceaux de collagène, résistants et flexibles, dont les espaces forment des bulles remplies d’un liquide pouvant se mouvoir d’un compartiment à l’autre. Et cet interstitium se retrouve presque partout dans le corps : dans les veines et les artères, les poumons, tout au long du système digestif, dans la vessie, sous la peau ou entre les fibres des muscles.

L’interstitium est rempli de liquide pré-lymphatique. La fonction principale de la lymphe est de nourrir, de protéger et de débarrasser les organes de leurs déchets. Mais dépourvu de pompe pour le mettre en mouvement, sa circulation dans le réseau lymphatique est totalement dépendante de  l’activité musculaire squelettique, cardiaque ou lisse des tissus. Lorsque  nous bougeons ou ventilons, volontairement ou involontairement, de jour comme de nuit, rapidement ou non, ce liquide se met en mouvement, lentement et toujours dans le même sens grâce à l’action des valvules lymphatiques qui l’empêche de circuler dans le sens opposé. il circule approximativement 100 mL de lymphe par heure dans le conduit thoracique d’une personne au repos alors que durant une activité musculaire, ce flux peut être 10 à 30 fois plus élevé ! Chaque jour, trois litres de lymphe entrent en moyenne dans la circulation veineuse grâce à cette activité musculaire.

Le drainage des déchets dans le circuit veineux est sectorisé. Les déchets d’en dessous la poitrine sont libérés dans la circulation veineuse au niveau des veines sous clavière gauche (via le canal thoracique), ceux des bras et du haut de la poitrine (dont le cerveau) le sont par la sous clavière droite. Tous ces déchets sont finalement éliminés par les reins, les intestins, les poumons, ou la peau.

circulation lymphatique
Une activité lymphatique sectorisée…

Le système de prise en charge des déchets cérébraux diffère quelque peu de celui des autres organes. Le cerveau  possède en effet son propre dispositif de soutient et d’épuration appelé système glymphatique. Les déchets de l’activité neurale du système nerveux central sont captés par des cellules spécialisées (gliales), brassés puis évacués hors du cerveau par le liquide céphalo-rachidien jusqu’au réseau lymphatique. Autre différence notoire, à l’inverse de l’interstitium, le déplacement  du LCR a surtout lieu pendant les phases de repos musculaire, de sommeil profond ou de méditation. Durant le sommeil profond, le débit du LCR est en effet 10 fois plus important que pendant l’éveil. Un débit que l’on devrait tous favoriser par des pauses régulières puisque le cerveau doit évacuer son propre poids (1.5 kg) en déchets chaque année !

La pratique du yoga traditionnel favorise la circulation et l’élimination des déchets par les systèmes lymphatique et glymphatiques. Elle utilise pour cela différents procédés comme bhastrika, kapalabhati, uddiyana bandha, kévala kumbhaka… des procédés oxydatifs,  carbonatifs et bio-mécaniques  qui permettent le drainage et l’élimination chimique ou mécanique des déchets extra-cérébraux ou cérébraux.