Des niveaux accrus de protéines tau sont corrélés positivement avec une diminution du flux sanguin dans les structures cérébrales touchés par la maladie d’Alzheimer. C’est notamment le cas dans le gyrus temporal inférieur, l’une des premières régions à montrer une accumulation de tau dans la maladie d’Alzheimer et cela avant même que les premiers symptômes intellectuels ne se manifestent.

Cette structure cérébrale est connue pour son importance dans l’intérêt que nous portons à nos environnement intérieur (corporel) et extérieur (naturel). Son altération vasculaire causée par une accumulation de tau conduit à l’apparition d’un état d’apathie sévère et d’isolement, qui pourrait présager l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Arrêter de participer à des activités normales, montrer peu d’émotions ou être sans énergie ne sont pas des comportements forcément liés à la dépression ou à l’anxiété. De nombreuses personnes sont diagnostiquées dépressives ou anxieuses alors qu’elles ne le sont pas et s’enfoncent sans le savoir dans les abysses de la démence cérébrale.

La meilleur façon de prévenir la détérioration vasculaire des structures cérébrales est de faire de l’exercice, mais sans se fatiguer. S’exercer de cette façon réduit, notamment, la viscosité du flux sanguin cérébral circulant, renforce les circuits neuronaux de la mémoire sémantique et préserve notre sommeil profond et paradoxal. Il est en effet primordial de bien dormir et aussi de bien rêver, pour évacuer les toxines cérébrales, renforcer la réserve en matière grise de son cerveau, retarder les effets du vieillissement et développer sa créativité.

En cas de détérioration progressive du GTI, notre capacité de reconnaissance des perceptions, de satisfaction des besoins fondamentaux et de sommeil déclinent. Mais ce n’est pas tout car notre mémoire continuant à attribuer de la signification aux objets alors même que nous n’y sommes plus attentifs, nous nous mettons à halluciner. La perception d’hallucinations auditives ou visuelles, l’envie de fuir, de se défendre ou de se cacher (en l’absence de danger réel) ou encore l’impossibilité de sommeiller efficacement font partie des premiers symptômes annonciateurs de démence.

Ce trouble psychique de détérioration du GTI est connu des yogi. Tous les yogi s’emploient à la prévention de cette perturbation depuis toujours : Il serait lié, à une attention déficiente (vata dosha) et repose sur adhyaropa, le mécanisme de superposition psychique. Adhyaropa est un concept central du Yoga traditionnel, tel que nous l’a transmis Swami Sivananda.

Un célèbre aphorisme védantin (nyaya), le rajjusarpa nyaya, décrit assez précisément ce trouble cognitif: De jour, alors que l’on se promène, on pose le pied sur une corde que l’on croit être un serpent. On se tétanise et on prend la fuite en courant. La nuit on reste éveillé ou on cauchemarde à cause d’un serpent…qui n’a jamais existé.

Adhyaropa est un trouble psychique qui la plupart du temps est bénin. Mais il peut aussi devenir chronique et très invalidant chez les personnes âgées. C’est une des raisons pour lesquelles les yogi s’entraînent depuis toujours à renforcer leur lucidité psychique pour se défaire d’adhyaropa. Ils y parviennent en rééquilibrant et en renforçant quotidiennement leur niveau de vigilance et de tranquillité. Ceci, afin de vivre et de demeurer équilibré, ici et maintenant, en symbiose avec leur corps et en harmonie avec leurs environnements naturel, social, professionnel.

Celui qui comprend adhyaropa comprend la nécessité du yoga traditionnel et de sa pratique quotidienne. Il comprend également que la plus grande illusion psychique est de croire sa conscience isolée et fragilisée dans un corps éphémère.

Une tranquillité et une vigilance harmonieuse, équilibrée nous permet de vivre dans la joie, la paix et la béatitude de l’instant présent et non plus d’errer dans le passé regretté ou le future espéré. Cet état confère le sentiment grisant d’être le maillon d’un réseau universel de conscience. Un réseau qui nous relie à tous les êtres, vivants et non vivants, inscrits dans nos mémoire collectives.

Cet état de lucidité psychique, obtenu par le yoga, est un état diamétralement opposé à la démence.