Que se passe t’il réellement dans le cerveau pendant un cours de yoga traditionnel ? Que ce passe t’il lorsque nous nous entraînons à associer posture, ventilation profonde et méditation pendant deux heures d’affilées. Comment réagit notre cerveau ?

On connait depuis peu comment le cerveau des yogi évolue au fil des trimestres. La matière blanche se densifie entre leurs régions cérébrales. Leur amygdale cérébrale tend à diminuer son volume au profit de celui de leur hippocampe et de leur cortex pré-frontal qui tend à augmenter. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il s’agit d’une modification strictement inverse à celle de la dégénérescence cérébrale liée au stress, à l’âge ou encore à Alzheimer.

Mais que ce passe t’il dans le cerveau des yogi pendant le cours ? Pourquoi se ressent on plus léger, plus coordonné, équilibré, sensitif, moins fatigué et plus efficace cognitivement après le cours ? Les yogi invoquent une action sur les nadis, les vaisseaux qui véhiculent l’information inhibitrice, excitatrice ou régulatrice et qui façonnent le cerveau. Les dernières études en neurofeedback associée à l’imagerie par raisonance magnétique fonctionnelle (IRMf) semblent confirmer leur hypothèse: Il semblerait en effet que ce soit la substance blanche et la connectivité des différentes structures cérébrales qui se renforcent pendant l’heure de cours.

La substance blanche, ce sont des millions de câbles de communication, chacun contenant un long fil unique, ou axone, entourée d’une substance grasse blanche, nommée myéline. Ce réseau connecte les différentes régions du cerveau et permet le transport de l’information entre ces zones. Cette information est précisément ce qui permet les variations de volume des différentes aires cérébrales en fonction de notre comportement.

Ces informations sont des signaux électriques qui circulent 100 fois plus vite grâce à la myeline. En déficit de myeline, les signaux circulent mal et nos fonctions sensoriels, motrices, de coordination ou de sommeil sot perturbées. La myeline augmente non seulement la vitesse de conduction de l’influx nerveux, mais protège et nourrit également les neurones. Lorsque notre myéline est défaillante, les informations nerveuses ne circulent plus rapidement et correctement, les neurones ne sont plus protégés  et finissent par dégénérer.  On se sent alors fatigué, diminué, on procrastine, on devient routiniers, on laisse de côté ses regrets et l’on vieillit prématurément.

L’une des meilleurs façons de ne jamais manquer de myéline serait d’associer posture, ventilation et méditation pendant sa pratique du yoga et de réapprendre à s’auto-réguler. Une telle mise en oeuvre favoriserait également la régénération du cortex cingulaire antérieur (prise de décision), celle de l’hippocampe (mémoire épisodique), celle du cortex préfrontal (régulation émotionnelle) et diminuerait d’autant l’influence surdimensionnée de l’amygdale cérébrale sur notre comportement.

En procédant ainsi, chacun d’entre nous pourrait sortir plus facilement de ses habitudes les plus toxiques, mieux faire la différence entre les situation rassurantes et stressantes et surtout mieux réaffecter ses ressources attentionnelles pour se défaire du stress.